Forêt d’Amazonie, un feu détruisant le poumon de notre merveilleuse planète : un remake de l’Atlantide?

De plus en plus questionnée sur les civilisations perdues ou (très) anciennes, je suis tombée dans mes recherches sur ce texte sur l’Atlantide que je ne peux pas m’empêcher de vous transmettre, en lien avec la forêt d’Amazonie qui brûle en détruisant le poumon de notre merveilleuse planète. C’est comme la santé, on découvre qu’elle est précieuse et indispensable quand on ne l’a plus…

Il est temps de nous ressaisir collectivement et d’ouvrir nos consciences individuelles et collectives. A ce régime, plus d’arbres, plus d’air, plus d’êtres (y compris humains)…

Loin de la multitude où fleurit le mensonge,
Puisque l’âme s’épure et s’exalte en rêvant,
Au gré du souvenir vogue, ô mon Âme, et songe :
Songe à la cendre humaine éparse dans le vent ;
Songe aux crânes heurtés par le soc des charrues ;
Aux débris du passé dans l’inconnu flottant :
Car des mondes sont morts, des cités disparues,
Où la vie eut son heure et l’amour son instant !
* * *
Aux siècles primitifs, une île, immense et belle,
Nourrice jeune encore d’un peuple de géants,
Livrait à ses fils nus sa féconde mamelle,
Et sa hanche robuste au choc des océans.
Cette terre avait nom l’Atlantide. – Des villes
Y florissaient alors, superbes, par milliers,
Avec leurs parthénons et leurs jardins fertiles,
Et leurs palais de marbre aux antiques piliers.
Aqueducs ! Monuments massifs, aux colonnades
De jaspe, défendus par de grands léopards !
Coupoles de granit ! Innombrables arcades
Brodant de leur dentelle éparse les remparts ! –
L’on eût dit des forêts de pierre. – Les bois vierges
Reflétaient leur verdure aux lacs bleus sans roseaux,
Et l’âme des jasmins et des lis, sur les berges,
Se mariait, légère, à des chansons d’oiseaux !
Un cantique montait d’espérance et de joie
Vers Jupiter très bon, très auguste et très grand :
L’homme tendait les mains à l’azur qui flamboie,
Et le fleuve apaisé priait – en murmurant…
Mais ce monde, marqué du sceau de la colère,
Devait s’anéantir, sans que rien en restât
Que des îlots perdus sur l’onde tumulaire,
– Seuls vestiges épars où notre oeil s’arrêtât !
On entendit rugir les forges souterraines,
Tout le sol s’effondra, secoué brusquement…
Et la mer fit rouler ses vagues souveraines
Sur la plaintive horreur de cet écroulement.
* * *
Cependant, par-delà ces monstrueux décombres
Que, sous mille pieds d’eau, tu vois se dessiner,
Ô mon Âme, entends-tu ?… Du fond des lointains sombres,
De prophétiques voix semblaient vaticiner :
* * *
– « Ainsi les continents, les villes séculaires,
Les grands monts hérissés de sapins et d’orgueil,
L’homme et ses passions, le monde et ses colères
– Cadavres disloqués et mûrs pour le cercueil,
Gigantesques amas sans nom, épaves mornes –
S’engloutiront un jour (tout étant accompli)
Sous les flots ténébreux d’une autre mer sans bornes
Et plus profonde encore – qui s’appelle l’Oubli !
Alors, exécutant la suprême sentence,
L’ombre, comme un déluge, envahira les cieux ;
Et tout bruit s’éteindra, comme toute existence,
Dans le néant obscur, vaste et silencieux. »

Rosa Mystica, STANISLAS DE GUAITA

24 août 2019